Parador veut monter d’un cran

  • September 02, 2008
  • • Source: JPT
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A l’occasion d’une conférence de presse internationale organisée dans ses locaux le 29 août, le fabricant allemand de parquets, de revêtements stratifiés et de lambris Parador a dévoilé ses collections 2009 et détaillé une stratégie visant clairement le leadership. Une conférence similaire avait précédé la dernière édition de la ParaVision, l’événement biennal par lequel le fabricant met en scène sa nouvelle collection dans ses locaux et ouvre ses portes au grand public, comme ce sera le cas en janvier 2009. Alors que la mouture 2007 était marquée par le développement du concept ProAir de contribution active à l’assainissement de l’air intérieur, celle de 2009 reflète, côté stratifié, le passage à l’impression digitale. « Auparavant, chaque nouveau décor revenait à débourser environ 50 000 euros », explique Udo Tünte, responsable du design et maître d’oeuvre de la nouvelle collection. L’impression digitale réduit à néant les coûts de fabrication préliminaire et offre ainsi une flexibilité illimitée tout améliorant sensiblement la qualité d’impression. Le passage effectif à la technologie digitale, baptisée ArtPrint, ne se résume apparemment pas à l’installation d’une machine comme celle que l’entreprise Robert Bürkle a présentée à la dernière édition du salon Ligna. Preuve en est la dizaine de brevets internationaux que Parador a déposée pour tout ce qui touche à l’intégration de cette technologie dans un flux de production où les lames avancent à un rythme cardiaque.

Ces investissements contribuent à un montant global estimé à 10,5 millions d’euros pour 2008, proche de celui qui avait entre autre permis, en 2008, de généraliser le concept ProAir. Ce n’est pas une paille pour une entreprise dont le chiffre d’affaires a été de 177 millions d’euros en 2007 et d’ailleurs, Parador a la sagesse de proposer son nouveau savoir-faire en BtoB (à partir de 500 m2). Porté par les ambitions d’un groupe familial ancré dans le mobilier dont le chiffre d’affaires global tutoie le milliard d’euros, Parador affiche clairement l’ambition d’occuper une place analogue sur le segment des parquets et stratifiés, et cette fois à l’échelle de l’Europe. Mais comme pour souligner à quel point le leadership qu’ambitionne le groupe ne s’entend pas en termes de volumes, les responsables saisissent l’occasion du passage à l’impression digitale pour repositionner l’ensemble de la gamme sur le segment du luxe : luxe industriel pour la gamme des Classiques et des séries signées par six designers de renommée internationale, luxe de catégorie supérieure par la possibilité qui est offerte au client de commander son propre décor à partir de 100 m2, qu’il s’agisse d’un particulier ou par exemple d’une entreprise souhaitant souligner son identité visuelle au travers des revêtements de sol.

Le repositionnement s’accompagne d’une redéfinition complète de l’identité visuelle qui entraîne même un changement de logo, une intervention lourde qui se justifie cependant par la jeunesse relative de la marque. Le parquet profite de la démarche design avec une nouvelle collection signée Matteo Thun, qui s’étend comme de raison au segment émergent des parquets massifs en planches, tandis que celui des parquets combine désormais les trois-plis et les massifs. Confronté à un marché toujours porté sur les tons très foncés ou très clairs, Parador se refuse à bannir le bois exotique mais exclut certaines essences dont le circuit d’approvisionnement n’est pas fiable (Tek, Wengé, Doussié). Dans le domaine du parquet, les ambitions européennes sont étayées par le prochaine mise en route d’un second site de production à Güssing, dont la capacité de 1,2 million de m2 devrait porter la capacité totale à quelque 4 millions de m2 par an. Les exportations sont appelées à croître, soutenues en Grande-Bretagne par des campagnes dans la presse grand public. La France, où Parador dispose pour l’heure de quatre agents commerciaux, devrait suivre au même régime à partir de 2009 ou 2010.